Le peuple syrien ne s’agenouillera pas!

Article publié dans le journal Le Courrier 27 Juin 2012

La résistance du peuple syrien n’a eu cesse de s’amplifier depuis le début du processus révolutionnaire enclenché en mars 2011. Ces dernières semaines ont vu croître la résistance armée contre le régime de Bachar al Assad, notamment avec l’opération qui a décapité une partie de l’establishment militaire et des services de sécurité, ainsi que par le contrôle des frontières avec les pays voisins.

Malgré le peu de moyens militaires dont elle dispose, la résistance armée s’est davantage organisée ces derniers mois. Des conseils révolutionnaires ont été formés à travers la Syrie, de même qu’un comité de coordination des actions politiques et armées.

Composés de soldats déserteurs et de civils ayant pris les armes, les groupes d’opposition armés bénéficient de véritables racines populaires au sein de l’insurrection. On les voit mal oeuvrer dans l’intérêt de puissances étrangères, comme le stipulent certains: ces groupes sont tout simplement trop diversifiés pour agir sur mandat.

Quant au mouvement populaire syrien, il est toujours présent dans les rues, les universités et les lieux de travail, malgré la répression tant politique que militaire du régime. Contrairement à ce que prétendent les médias, les actions populaires restent en effet la forme principale de résistance du peuple syrien.

Les universités, par exemple, constituent toujours des bastions de résistance –<\!p>plus d’un quart des martyrs de la révolution sont des étudiant-e-s. Ainsi, il n’est pas une semaine sans que les voix et les chants des étudiant-e-s de l’Université de Damas ne résonnent jusqu’au palais présidentiel, proche d’une centaine de mètres, et des manifestations quasi quotidiennes ont lieu dans les Universités de Deraa et Deir Al-Zur. Tandis qu’en juin, l’Université d’Alep suspendait ses cours par crainte d’un soulèvement encore plus important des jeunes. Une Union des étudiants libres de Syrie a été formée en septembre dernier. Le syndicat organise la résistance populaire dans les universités de tout le pays.

Les travailleurs et les travailleuses ont également été ciblés par la répression. Au cours du mois de décembre 2011, des campagnes de désobéissance civile et des grèves générales ont eu lieu. Elles ont paralysé d’importantes parties du pays, montrant ainsi que la mobilisation de la classe laborieuse se trouve au cœur de la révolution. C’est pour cette raison que la dictature, cherchant à briser la dynamique de la contestation, a licencié plus de 85000 travailleurs et travailleuses entre janvier 2011 et février 2012 et fermé 187 usines, selon les chiffres officiels.

Le peuple syrien a continué de répéter son refus du sectarisme, malgré toutes les tentatives du régime pour allumer ce feu dangereux. Le mouvement populaire a aussi réaffirmé sa lutte unitaire, en développant un sentiment de solidarité nationale et sociale qui transcende les divisions ethniques et confessionnelles. Ainsi, les populations kurdes et assyriennes ont été dans leurs régions des fers de lance de l’opposition au régime d’Assad depuis le début de la révolution. De même, les réfugiés palestiniens de Syrie ont participé aux manifestations contre le régime et ont accueilli dans leurs camps de nombreuses familles syriennes fuyant la répression.

La communauté internationale de son côté, dans son ensemble et sans exception, continue de vouloir mettre en œuvre en Syrie une solution de type yéménite –<\!p> sabrer la tête du régime, le dictateur Bachar Al Assad, tout en maintenant sa structure intacte– comme on a pu le constater lors des rencontres entre officiels américains et russes, ou lors de la conférence internationale le 30 juin dernier à Genève. Le seul point d’achoppement reste la position russe qui tente encore par tous les moyens de maintenir Assad au pouvoir, mais qui pourrait le sacrifier dans un avenir proche pour préserver ses intérêts en Syrie.

Les grandes puissances n’ont en effet pas avantage à voir le régime s’effondrer. Ce dernier a permis de stabiliser les frontières avec Israël et a collaboré avec les puissances occidentales à plusieurs reprises dans «la guerre contre le terrorisme» lancée par l’ex-président américain George Bush, ainsi que dans les guerres contre l’Irak en 1991 et 2003. La politique néolibérale progressivement mise en place depuis l’arrivée au pouvoir de Bachar Al Assad avait d’ailleurs ouvert la Syrie à de nombreux investisseurs occidentaux et du Golfe avant le début de la révolution.

Le peuple syrien, face aux calculs politiques et à l’hypocrisie des puissances internationales et régionales, continue sa lutte pour renverser le régime criminel de Assad et construire une nouvelle Syrie, respectueuse de la liberté et de la dignité de sa population.

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