SYRIE : L’INSURRECTION PERMANENTE

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Jeudi 14 mars 2013

Malgré le terrible prix payé, le peuple poursuit son insurrection contre le régime dictatorial et criminel des Assad. Ce processus révolutionnaire, avec ses propres caractéristiques, s’inscrit dans la dynamique des mouvements régionaux puisant dans l’absence de démocratie et de justice sociale. 
Ce processus n’a cessé de répéter son refus du confessionnalisme et sa volonté de renverser le régime pour édifier une société démocratique, sociale et sans discriminations. Le slogan « le peuple syrien est un et uni » reste présent.
Les États qui se disent « amis de la Syrie » manœuvrent. Les uns veulent imposer une solution par le haut (à la yéménite) maintenant la structure du régime, soutenue par les alliés du régime, Iran et Russie. D’autres, Arabie Saoudite et Qatar en tête, veulent transformer la révolution en guerre confessionnelle par peur d’une extension qui menacerait leur pouvoir et leurs intérêts. Ils financent des groupes islamistes extrémistes tels Jabhat al Nusra, à l’idéologie sectaire et réactionnaire, et tentent souvent de réduire le rôle des comités populaires, parfois par la violence. La position des États-Unis traduit cette situation : refus de fournir des armes aux groupes liés à l’armée syrienne libre, avec accord à leur envoi par les pays du golfe aux groupes islamistes extrémistes non liés à l’armée syrienne libre.


Une dynamique d’auto-organisation

Ces menaces ont pour objectif d’empêcher un changement radical auto-organisé par le peuple révolutionnaire. Celui-ci a développé les expériences des comités populaires au niveau des villages, quartiers, villes et régions. Ils sont la colonne vertébrale du mouvement et de la résistance, allant de l’organisation des manifestations, de l’aide humanitaire, de l’accueil des réfugiés, à la formation scolaire des enfants et adolescentEs. Dans les régions libérées, ils sont en charge des services à la population. En coordination avec la résistance armée, ils sont à la base de la résistance populaire. 
Le peuple refuse les manœuvres de l’extérieur qui maintiendraient la structure du régime : des manifestations importantes et de nombreuses déclarations rejettent la proposition de dialogue du président de la Coalition nationale syrienne Moaz Khatib avec le régime. Lors des manifestations du 8 février, des pancartes proclamaient « nous négocierions seulement sur le départ du régime ». Le peuple refuse aussi sa soumission à toute forme d’autoritarisme imposée par les groupes comme Jabhat al Nusra dans certaines zones libérées.
Le constat d’une révolution orpheline de soutien international véritable ne démoralise pas les SyrienNEs, qui continuent leur lutte face à une répression terrible. Mais la solidarité avec un peuple en lutte pour son émancipation reste d’une urgence criante. Des initiatives unitaires sont prises en France et dans le monde à partir du 15 mars, pour le début de la 3e année de l’insurrection. Le NPA s’y associe, de même qu’aux campagnes d’aide humanitaire (http://codssy.org et http://secourssyrie.org) et à la défense du droit d’asile pour les Syriens.
Joseph Daher et Jacques Babel

Droit d’asile pour les Syriens !
Depuis le début de l’année, les sites web des consulats français du Liban de la Turquie ou du Koweït indiquent qu’« à compter du 15 janvier les ressortissants syriens se dirigeant vers un pays hors de l’espace Schengen en transitant par les aéroports français devront être munis d’un visa de transit aéroportuaire » (VTA).
Cette obligation entrave objectivement la possibilité pour les Syriens d’échapper aux persécutions dans leur pays, autorise la France à renvoyer vers leur pays de départ les Syriens dépourvus de ce visa et restreint la possibilité pour certains de déposer une demande d’asile à l’occasion de leur transit par un aéroport français.
Le code communautaire des visas prévoit l’adoption d’une telle mesure « en cas d’urgence due à un afflux massif de migrants clandestins ». Les Syriens tentant de fuir leur pays ne pouvant être assimilés à des migrants clandestins, cette décision porte atteinte à l’exercice du droit d’asile et expose également ces Syriens à des menaces en cas de reconduite vers un pays tiers qui les renverrait à son tour en Syrie.
L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE) et le Groupe d’information et de soutien aux travailleurs immigrés (GISTI) ont saisi le Conseil d’État. Le juge a rejeté leur demande, estimant que les autorités françaises avaient pu estimer remplie la condition d’urgence permettant d’instaurer des VTA « pour éviter un afflux massif de migrants clandestins »… La procédure va se poursuivre, les deux associations ayant déposé le 23 février un recours pour excès de pouvoir et un référé-suspension.

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