Communiqué émanant des femmes prisonnières politiques de la Prison Centrale de Damas (Adra)

10624723_880581935288100_8852359298580757118_n

Notre peuple souffre de nombreux maux en attente de la liberté, parmi ceux-ci il y a des maux que nous ressentons nous aussi en silence dans un black-out délibéré.
Aujourd’hui nous exprimons la voix de celles qui n’ont pas la parole.
Nous avons procédé à un sondage approximatif qui pourrait contribuer à éclairer notre dure situation et nos souffrances quotidiennes:
1- Le nombre des prisonnière politiques incarcérées dans la prison centrale de Damas (prison de Adra) approche les 500 détenues, ceci sans compter les détenues des différentes Sections Securitaires évaluées à plusieurs milliers et dont beaucoup y croupissent depuis des mois alors que selon la loi les étapes préliminaires de l’enquête ne devraient pas dépasser les 60 jours.
2- Proportion des détenues de plus de 50 ans: 30%
3- Proportion des femmes enceintes: 5%
4- Moyenne des naissances: une naissance par mois.
5- Proportion des blessures à séquelles permanentes en raison des tortures dans les Sections Sécuritaires: 10%
6- Proportion des détenues atteintes de maladies incurables ainsi que de maladies restées sans soin en raison de l’insuffisance du nombre de médecins et en l’absence totale de médicament: 60%
7- La proportion des détenues qui ont bénéficié de la dernière amnistie n’excède pas les 10% dont seulement 3% d’entre elles ont réellement été libérées.
8- La proportion des détenues qui sont en capacité de faire appel à un avocat et en assumer les frais: 20%;
sachant par ailleurs l’inefficacité de cette démarche dans le cadre du Tribunal d’exception anti-terroriste si ce n’est comme moyen de faire avancer le dossier plus rapidement.
9- La proportion des détenues ayant de la famille autorisée à leur rendre visite et leur donner l’argent nécessaire aux frais personnels ne dépasse pas 30%; sachant que les frais minimaux nécessaires à une détenue s’élève à 5000 livres syriennes par mois.

Suite à ce qui vient d’être exposé nous demandons:
Premièrement: un appuis médiatique dans toutes ses formes en insistant sur notre situation inhumaine et contraire à la loi. La majorité des détenues ont été incarcérées pour une durée indéterminée par des juges du Tribunal d’exception anti-terroriste sans aucune base légale, d’autres ont vu leurs demandes de libération refusées par des juges qui réclamaient des sommes d’argent exorbitante que la plupart d’entre elles n’ont aucune possibilité de fournir.
Deuxièmement: un appuis financier ainsi que des campagnes d’aide pour les détenues de plus d’une années et leurs familles et enfants dont elles sont séparées avec les conséquences matérielles et de santé que cela implique. En effet, certaines détenues, et en particulier celles dont les époux sont également incarcérés récoltent les modiques sommes d’aide qu’elles reçoivent pour les envoyer à leurs enfants restés seuls sans parents.
Troisièmement: augmenter les pressions internationales et dénoncer l’amnistie proclamée par le régime syrien mais non appliquée dans les faits. Il faut contraindre le régime syrien à libérer toutes les détenues politiques

Damas 10/10/2014

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s