Quel processus de paix pour la Syrie?

 

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Maaret Al-Numan 22 mai 2016 : La révolution est une, le peuple est un, notre objectif est un… Renversons (ou à bas) les tyrans

Le processus de négociation entre le régime Assad et le l’opposition syrienne de la Coalition nationale était toujours au point mort à la fin mai 2016, malgré les déclarations des représentants de la Russie et des Etats Unis début mai de redoubler leurs efforts pour aboutir à un règlement politique du conflit syrien et étendre le cessez-le-feu sur tout le territoire syrien. Aucune date n’a même été fixée pour de nouvelles discussions indirectes à Genève entre le régime et l’opposition. Trois sessions de pourparlers intersyriens indirects ont eu lieu depuis le début de l’année à Genève, sans progrès. Le dernier round en avril a été suspendu avec la reprise des hostilités à Alep.

En même temps le régime Assad et ses alliés de la Russie, l’Iran et du Hezbollah continuent ses attaques et bombardements meurtriers et quotidiens contre les civils et infrastructures civiles dans les zones hors de son contrôle à travers le pays. C’est sans oublier l’estimation d’au moins 60 000 personnes mort dans les prisons d’Assad sous la torture ou en raison des mauvais traitements, notamment l’absence de médicaments et de nourriture, dans les centres de détention du régime depuis le début du soulèvement populaire. Les forces islamiques fondamentalistes de leur côté aussi commettent des crimes comme lors de la mort de plus de 120 personnes, le lundi 23 mai dans l’explosion de sept voitures piégées dans deux localités côtières de l’ouest de la Syrie, Tartous et Jable, attentat revendiqué par Daech, ou le massacre de nature confessionnel par des groupes islamistes menés par Jabhat Al-Nusra (branche d’Al-Qaeda en Syrie) dans lequel au moins 19 civils ont été tués contre le village de Zara, dans la province centrale de Hama.

Le médiateur de l’ONU, Staffan de Mistura a déclaré que « des pourparlers intersyriens seront crédibles quand la cessation des hostilités sera crédible et quand des progrès crédibles auront été accomplis sur le plan humanitaire ». Une feuille de route avait été rédigé fin 2015 à Vienne de sortie de crise par le Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS), – un groupe de 17 pays et de 3 organisations internationales – dont les États-Unis, la Russie, l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Union européenne. Cette ébauche d’accord de paix a été consacrée en décembre par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. La date du 1er août pour l’installation d’une autorité de transition, comme le stipulait la résolution de l’ONU de décembre 2015, n’est néanmoins plus à l’ordre du jour. Le seul résultat possible, qui reste encore à être vérifié sur le terrain, de la réunion de Vienne à la mi mai de la GISS pourrait être des largages aériens d’aide humanitaire par le Programme alimentaire mondial à partir du 1er juin pour les zones assiégées toujours inaccessibles par la route. Mais ce serait « un dernier recours », a reconnu, à New York, un porte-parole de l’ONU, rappelant les difficultés de parachutages aussi imprécis que coûteux. Il faut aussi l’accord de Damas et Moscou. Jusqu’ici, de tels largages n’ont eu lieu, en avril, que pour soutenir l’enclave tenue par le régime à Deir ez-Zor, dans l’Est, encerclée par Daech.

Moscou et Washington, qui co-président Groupe International de Soutien à la Syrie (GISS), pilotent le dossier et le contrôle du cessez-le-feu, instauré sous leur impulsion le 27 février et partiellement respecté pendant un certain temps mais sans cesser les hostilités complètement, et notamment avec des violations importantes comme entre le 22 avril et le 5 mai à Alep causant la mort de plusieurs centaine de morts. Cela dit, le cessez le feu partiel avait permis la reprise de manifestations populaires massives à travers les zones libérées de la Syrie pendant plusieurs semaines. L’importance du cessez le feu et des arrêts des combats militaires sont primordiaux pour les forces démocratiques en Syrie pour leur permettre d’exercer leurs activités, manifester et organiser leurs communautés locales, tandis que les forces islamiques fondamentalistes profitent de la guerre continue pour augmenter leur influence dans les régions libérées du régime.

De plus grâce au cessez le feu partiel 250 000 personnes ont pu être ravitaillées à travers la Syrie, sur un total de 410 000 vivant dans des zones assiégées. Cela n’a pas empêché le régime d’empêcher l’acheminement d’aide vers la ville assiégée depuis plusieurs années de Daraya, à la mi-mai, alors que dans un premier temps ces représentants avaient accepté. Un modeste chargement de quatre camions contenant des kits chirurgicaux, des médicaments, des vaccins, mais pas de nourriture (mis à part le lait pour bébé), avaient été autorisés mais n’ a pas pu être livré. Selon une source humanitaire, la 4e division blindée, l’unité d’élite déployée autour de Damas, aurait exigé, afin de laisser passer les camions, qu’ils soient vidés de toute leur cargaison, à l’exception des vaccins. Les organisateurs ont alors décidé de rebrousser chemin. Quelques minutes plus tard, neuf obus d’artillerie s’abattaient sur l’emplacement où les habitants de Daraya s’étaient rassemblés dans l’attente du convoi. Un père et son fils ont été tués morts dans ces explosions.

Le régime Assad et ses alliés sont en effet les acteurs principaux dans la continuation de la guerre contre le peuple syrien par ses bombardements continus, blocus et autres formes de répressions sont la raison principale de l’arrêt des négociations de paix et de leur échec. Cela est bien sûr fait avec la complicité des autres grandes puissances mondiales.

 

La Russie, l’Iran et Hezbollah

L’annonce d’un retrait de la majeure partie des forces militaires russes de la Syrie par le Président Poutine le lundi 14 mars n’a été que de la poudre aux yeux. Il s’agissait surtout d’un geste diplomatique lors des cycles de « négociations de paix » qui avaient repris à Genève à la mi-mars. Les bombardements de l’aviation de Moscou ont continué à travers la Syrie, jouant d’ailleurs un rôle clé lors de la reprise de la ville de Palmyre par l’armée syrienne et ses alliés. La base aérienne de Hmeymim, au sud-est de la ville de Latakia, continue à être utilisé par l’aviation militaire russe, ainsi que la base navale de Tartous. Les livraisons d’armes et de matériel se poursuivent un rythme soutenu à Tartous. Le port de conteneurs est toujours réservé aux bateaux russes et les agences maritimes doivent se rabattre sur Lattaquié. Sur le sol syrien, Poutine maintient également des hélicoptères, pièces d’artilleries, des batteries de roquettes à longue portée et la plupart des 5 000 membres du personnel militaire russe. C’est sans oublier la reprise de Palmyre par l’armée syrienne, lourdement appuyée par la Russie dans les airs et au sol, puisque des commandos russes participaient, a prouvé que l’annonce de Poutine n’était pas sérieuse.

Des dizaines de milliers de militaires iraniens, du Hezbollah et des milices fondamentalistes chiites continuent également à combattre du côté des forces du régime. Le secrétaire général du Hezbollah a d’ailleurs déclaré à la suite de la mort du haut commandant militaire Mustafa Badreddine il y a quelques semaines d’augmenter ses effectifs en Syrie pour assister le régime Assad.

 

Les Etats Unis, et les pays occidentaux

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a indiqué le vendredi 20 mai que la Russie proposait aux Etats-Unis et à la coalition internationale menée par Washington d’effectuer des frappes aériennes ensemble à partir du 25 mai contre des groupes terroristes actifs en Syrie et les groupes armés illégaux qui ne soutiennent pas le cessez-le-feu instauré en Syrie et cela en collaboration directe avec le régime Assad. Washington a rejeté l’offre, affirmant que les Etats Unis ne collaborent pas et ne coordonnent pas avec les Russes sur les opérations militaires en Syrie. La communication entre le États-Unis et les militaires russes en Syrie est limité à des contacts visant à éviter des accidents car ils mènent des campagnes de bombardement rivales et un petit nombre de forces américaines opère sur le terrain. Les opérations russes consistent en effet à soutenir et appuyer le régime d’Assad et les Etats Unis se concentrent uniquement sur la défaite du groupe Etat islamique, comme l’a déclaré le secrétaire d’Etat américain John Kerry. Ce dernier a néanmoins déclaré que le gouvernement des Etats Unis discutait avec leurs homologues russes de propositions pour un mécanisme durable permettant de mieux surveiller et faire appliquer la trêve des combats en Syrie.

La priorité des Etats Unis et des états européens également est en effet de mettre fin à la présence et aux activités de Daech en Syrie et en Iraq. La coalition internationale commandée par les Etats-Unis a d’ailleurs largué des tracts demandant pour la première fois aux habitants de Raqqa de quitter la ville occupée par Daech le vendredi 20 mai. “Ce n’est pas la première fois que les avions de la coalition larguent des tracts sur Raqqa mais c’est la première fois qu’ils s’adressent aux résidents pour leur demander de partir”, a indiqué Abou Mohammad, un fondateur du groupe “Raqqa is Being Slaughtered Silently” (“Raqa est massacrée en silence”). Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), environ 408 civils ont été tués par des frappes aériennes de la coalition menée par Washington en Syrie depuis le début en 2014 des opérations de bombardements des positions jihadistes.

« Les États-Unis et nos partenaires ne cherchent pas un soi-disant changement de régime », avaient déclaré le secrétaire d’état américain John Kerry aux journalistes dans la capitale russe après avoir rencontré le président Vladimir Poutine le 15 décembre 2015. Un changement de régime n’a en effet jamais été l’objectif des Etats-Unis et les Etats impérialistes occidentaux en général, depuis le premier jour du soulèvement en Syrie et en fait dans la région. Au sein du GISS, les pays européens sont marginalisés face aux négociations bilatérales entre la Russie et les Etats Unis, mais partagent néanmoins les objectifs des Etats Unis de concentrer leurs actions contre les organisations djihadistes. Même le gouvernement français, qui a été le plus virulent des états occidentaux dans sa propagande contre le régime d’Assad dans les premières années du soulèvement, concentre ses actions sur Daech, particulièrement des puis les attentats terroristes en janvier et novembre 2015 sur le sol français. La France a d’ailleurs intensifié ses frappes depuis les attentats du 13 novembre et mobilise dorénavant 3 500 militaires, déployant en Méditerranée orientale son porte-avions Charles-de-Gaulle qui triple ses capacités d’action. En même temps le gouvernement français avait aussi appelé à davantage de collaborations avec l’Etat russe, qui avait déclaré après les opérations terroristes à Paris que les crimes du 13 novembre confirmaient la justesse de la politique russe en Syrie. Le 26 novembre 2015, les gouvernements français et russes ont annoncé leur décision de “coordonner” leurs frappes en Syrie contre Daech. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a d’ailleurs déclaré le 5 décembre 2015 qu’il n’envisageait plus un départ du président syrien Bachar Al-Assad avant une transition politique en Syrie, en ajoutant que « la lutte contre Daech est décisive, mais ne sera totalement efficace que si l’ensemble des forces syriennes et régionales s’unissent ».

 

L’échec du processus de paix

Les raisons sous jacentes de l’échec du processus de paix se trouvent dans la volonté du régime Assad et ses alliés de la Russie, de l’Iran et du Hezbollah de mettre fin à toute forme d’opposition dans le pays. Les Etats Unis et les pays occidentaux de leur côté considèrent les ennemis principaux comme les organisations de Daech et Jabhat Al-Nusra et désirent une forme de transition politique sans changement radical dans laquelle la structure du régime est maintenue pour pouvoir mettre fin aux activités et à la présence de Daech et Jabhat Al-Nusra en Syrie.

Le départ du dictateur Assad n’est d’ailleurs plus une pré-condition comme cela fut perceptible durant les derniers cycles de négociations, ni même un changement des structures du régime autoritaire, notamment de ses forces de sécurité, n’est à l’ordre du jour… En mars, le médiateur de l’ONU, S. de Mistura, a d’ailleurs rappelé que « l’ordre du jour du processus (de paix) est clair : premièrement des négociations en vue d’un nouveau gouvernement, deuxièmement une nouvelle Constitution, et troisièmement des élections parlementaires et présidentielle dans un délai de 18 mois ». Cette réalité et l’échec des négociations de paix renforcent en fait sur le terrain en Syrie les forces islamiques fondamentalistes qui ne cessent de dénoncer ces négociation de paix entretenus par les forces « croisés » et « mécréantes » pour sauver et maintenir le régime d’Assad. Cela n’est pas loin de la réalité comme on l’a vu et a un certain écho sur le terrain chez certaines sections de la population, particulièrement dans les zones les plus touchées par les bombardements et répression du régime.

En dépit de leurs rivalités, les acteurs impérialistes et sous impérialistes partagent un même objectif: liquider le mouvement révolutionnaire initié en mars 2011, stabiliser le régime de Damas en maintenant à sa tête son dictateur (pour un court et moyen terme en tout cas), et tenter de vaincre militairement l’EI. C’est pour cette raison d’ailleurs que les Etats Unis ne s’opposent pas de manière véhémente à l’intervention militaire russe massive depuis septembre 2015 et qui continue jusqu’à aujourd’hui. D’ailleurs les opposants syriens se sont à plusieurs reprises plaint des pressions exercés par les Etats Unis pour les pousser à négocier avec les représentants du régime Assad, malgré les violations répétées du cessez le feu par es forces du régime, la continuation des blocus des villes assiégées, le refus de libérer les prisonniers politiques comme demandé par la résolution des nations unies de décembre 2015. Cette pression fut symbolisée par les paroles du Secrétaire d’Etat américain John Kerry à des travailleurs humanitaires syriens en marge de la conférence des donateurs à Londres, «Soutenir la Syrie », en janvier 2016, que l’opposition syrienne sera décimée et devait s’attendre à 3 mois de bombardements. Kerry avait d’ailleurs blâmé l’opposition syrienne pour avoir quitté les pourparlers de la conférence de Genève III et qui avait ouvert la voie à une offensive conjointe par le régime syrien et la Russie sur Alep.

L’Arabie Saoudite, Qatar et la Turquie de leur côté ne transigent pas sur la question du dictateur Assad et veulent son départ le plus rapidement possible, mais cela ne signifie pas qu’ils veulent un changement radical du régime dans le sens des aspirations populaires pour la démocratie, justice sociale et l’égalité, bien au contraire. Ces états veulent maintenir la structure autoritaire du régime avec un versant confessionnel et encore plus conservateur en s’alliant avec des mouvements salafistes djihadistes comme Ahrar Sham et l’Armée de l’Islam qui combattraient Daech, encourager les politiques néolibérales et limiter les droits sociaux au maximum, et empêcher toute forme d’autonomie kurde, tout en maintenant l’ordre impérialiste de la région. On peut voir cela par l’opposition formée à Ryad en Décembre 2015 soutenue par ces états: à sa tête l’ancien premier ministre et ba’thiste Riad Hijab nommé coordinateur général de la coalition formée des principaux groupes de l’opposition politique et armée, Mohamed Allouche, membre du bureau politique du groupe salafiste djihadiste Armée de l’Islam, négociateur en chef aux pourparlers avec le régime, et l’officier déserteur Assaad al-Zoabi président la délégation.

Une autre raison de l’échec du processus de paix est également liée à la continuation de la résistance populaire malgré les bombardements, les sièges, et répressions, qui refuse le diktat des puissances internationales de maintenir le régime et le dictateur Assad et s’oppose aux pratiques autoritaires les forces fondamentalistes islamiques.

Des manifestations ont par exemple eu lieu ces dernières semaines dans la ville de Sweida, en très grande majorité de la minorité Druze, à la suite de l’arrestation d’activistes dans la province. Les manifestant-es ont défilé dans les rues de la ville en chantant des slogans tel que « le peuple syrien est un et uni », « Syrie est à nous et non pas à la famille Assad » et «La religion pour Dieu et la patrie pour tous» (le dernier slogan est un slogan célèbre pendant la lutte contre l’occupant français au cours du mandat français de 1920 à 1946). La manifestation s’est terminée sur la place principale de la ville, sur laquelle les manifestations ont enlevé la statue de Hafez al-Assad et l’ont renommé de « la place du président » à « la place de la dignité » avec le drapeau de la révolution syrienne. Des témoignages de solidarité sont venus d’autres régions de la Syrie libérée avec les manifestant-es de Sweida.

Les manifestations contre Jabhat Al-Nusra continuent dans la ville de Maaret Al-Numaan, dans la province d’Idlib, depuis bientôt trois mois maintenant, malgré les attaques répétés des miliciens de l’organisation djihadiste, tandis que dans la même région dans la ville de de Kafr Nabl, des manifestant-es le weekend du 19-21 mai ont exigé des factions militaires de ne pas interférer dans les affaires civils et la gestion de la localité. Ils ont également demandé la libération de plusieurs militants et membres de l’ancien conseil local dans les prisons de Jabhat Al-Nusra.

Les populations locales de la Ghouta Orientale ont de leur côté organisé des manifestations de masse pour dénoncer les combats internes entre l’Armée de l’Islam, qui domine cette région, et des forces dirigées par la faction rivale Failaq a-Rahman, qui a vu son influence augmenté ces derniers mois après sa création en février 2016 par et leur demandant d’unir leurs fusils contre le régime Assad. Ces confrontations militaires sont le résultat de la volonté de ces deux groupes armées réactionnaires de contrôler ces territoires et augmenter leur influence militaire, tout cela au détriment des populations locales.

La fin de la guerre est une priorité primordiale et essentielle, mais elle ne pourra véritablement être possible sans prendre en considération les aspirations populaires du peuple syrien en lutte pour la liberté et la dignité. Cela signifie que tout processus de paix doit permettre la mise en place d’une transition sans Assad et ses colistiers à la tête de l’État, et pour une Syrie démocratique, sociale, laïque et sans discrimination de genre, de religion, d’ethnie, d’orientation sexuelle, etc… Cela nécessite aussi de prendre en compte et de soutenir le droit à l’auto-détermination du peuple kurde en Syrie, complètement ignoré et même refusé par le régime Assad et l’opposition soutenue par les occidentaux et la Turquie, et les monarchies du Golfe.

Dans ce cadre cette opposition de la coalition nationale qui proclame vouloir construire une Syrie pour tous s’est distinguée par son opposition aux droits des kurdes, dont la demande d’un système fédéral, et aux kurdes plus généralement, en ayant des discours racistes, en plus de discours confessionnels, pour certains de leurs membres, en ne dénonçant pas les bombardements et l’utilisation d’armes chimiques par l’Armée de l’Islam contre le quartier kurde à Alep de Sheikh Maqsoud depuis le début le mois de février, tuant de centaines de civiles et causant des destructions importantes, et en appuyant l’exclusion, sous les pressions de la Turquie, des cycles négociations de Genève du parti du PYD, plus grande composante kurde de Syrie, ainsi que des bombardements turcs contre les régions contrôlés par le PYD. Qu’elle que soit nos critiques contre le PYD, son exclusion des cycles de négociations constitue une erreur si on veut la représentation de toutes les parties au conflit.

C’est sans oublier le silence de la coalition nationale sur l’accord entre l’Union européenne et son « parrain » la Turquie de novembre 2015, dont les premières victimes sont les syriens. Cet accord prétend « tenter de mieux canaliser l’afflux de réfugiés dans l’espace Schengen », mais vise en réalité à renvoyer en Turquie tou-te-s les nouveaux-elles réfugié-e-s qui débarquent en Grèce à partir du 20 mars. Cela constitue une forme de trafic humain moderne particulièrement scandaleuse. De nombreuses organisations internationales ont d’ailleurs mis en garde contre l’illégalité de « possibles expulsions collectives et arbitraires ». De nombreux syriens se sont depuis fait tués par des gardes frontières turcs pour avoir tenté de traverser la frontière turque depuis la Syrie.

 

Finalement comme l’a déclaré le militant des droits de l’homme Mazen Darwish, récemment libéré après plusieurs années de prisons, toute transition doit permettre la justice pour toutes et tous en Syrie afin d’empêcher de rentrer dans une spirale de revanche dans une période de transition. Cela signifie que tous les responsables du régime et leurs alliés, des groupes islamiques fondamentalistes et autres, doivent être tenus responsables de leurs crimes contre des civils et autres.

Solidarité avec le peuple syrien dans toutes ses composantes en lutte contre les diktats des puissances impérialistes, contre le régime Assad et ses alliés, et toutes les formes de contre révolution qui essaient de l’écraser. Il faut écraser tous les tyrans comme disent les manifestant-es en Syrie.

Comme l’ont écrit les révolutionnaires de Maaret Al-Numan récemment sur une de leurs pancartes “La révolution est pour tous les Syriens”, il faut une Syrie pour toutes et tous.

Joseph Daher

23 mai 2016

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