TRUMP, ERDOGAN ET LES MENACES SUR LES KURDES

Mi-décembre, Donald Trump a annoncé le retrait immédiat (en 30 jours) des troupes états-uniennes de Syrie, déclarant qu’elles avaient pu vaincre le groupe djihadiste de l’État islamique (EI).

De nombreux responsables américains ont critiqué la décision de retirer les troupes de Syrie. Le secrétaire à la Défense, Jim Mattis, et le chef d’État–Major du Pentagone, Kevin Sweeney, ont démissionné en signe de protestation. Selon eux, cette décision va non seulement à l’encontre de la lutte antidjihadiste, mais aussi de la priorité numéro un de Washington dans la région, qui est de contrecarrer l’influence de l’Iran.

L’une des conséquences directes de cette annonce a été la menace agitée par le gouvernement turc d’une offensive militaire contre les régions du nord de la Syrie, contrôlées par le mouvement kurde du Parti de l’union démocratique (PYD), parti frère du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en Syrie. Les forces armées turques avaient déjà envahi la région d’Afrin début 2018 avec l’aide de groupes d’opposition armés, islamiques et réactionnaires syriens, entraînant le déplacement forcé de larges pans de la population kurde d’Afrin et de nombreuses violations des droits humains, qui se poursuivent aujourd’hui.

Depuis, les autorités états-uniennes ont annoncé qu’il n’y avait pas d’agenda fixe de retrait et que celui-ci était conditionné par l’interdiction faite à Ankara d’intervenir dans les zones sous contrôle du PYD. Mi-janvier 2019, aucun·e soldat·e états-unien·ne ne s’était retiré de Syrie et les opérations militaires contre l’EI continuent.

Face à ces menaces, les responsables du PYD entament depuis quelques mois des négociations avec le régime despotique syrien afin de maintenir les institutions du pays, préserver sa structure organisationnelle et réaliser les demandes du mouvement. Le régime criminel d’Assad refuse cependant les conditions du mouvement kurde et veut réimposer sa domination.

La présence des troupes américaines, comme des autres forces étrangères en Syrie (Iran, Russie et Turquie), doit être dénoncée. Il en va de même pour les menaces d’une nouvelle intervention militaire turque contre les régions sous contrôle du PYD, car celle-ci serait destructrice pour les populations locales.

La solidarité avec les luttes des classes populaires de la région pour leur libération et émancipation est chaque jour plus nécessaire et urgente.

Joe Daher

Article publié sur le site du journal solidaritéS: https://www.solidarites.ch/journal/d/article/9059

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